Texte : Edmond

Pour faire une visite attentive et réfléchie de toutes les curiosités de Palerme, et il y en a de tous ordres, il faudrait plusieurs semaines. En ce troisième et dernier jour on va aller plutôt au fil de l’inspiration, à portée de marche car les possibilités des bus sont toujours aussi énigmatiques, surtout pour les trajets retour. Une attente improductive devant la gare centrale où tous les feux clignotent toujours orange nous permet de noter la grande popularité du 101, qui va au stade, on nous parle aussi des promesses du 109 et du 129, mais ils ne passent jamais.

Donc à pied on remonte la Via Maqueda, jusqu’à son carrefour avec la via Vittorio-Emanuele, qui à droite va vers le port. Dans ce lieu stratégique et piétonnier des Quattro Canti stationne la foule internationale qui admire les statues des rois d’Espagne et se laisse parfois tenter par un tour en calèche.

Tout proche, sur un terre-plein qui domine une place dite « Pretoria » (nantie d’une fontaine agrémentée de statues d’hommes et femmes nus prévues d’abord pour Florence et rachetées en 1573 par la ville de Palerme, elle fit grand scandale en son temps) sur un terre-plein donc, deux petites et magnifiques églises d’époque arabo-normande :

    la Martorana, dont la coupole est décorée de mosaïques byzantines antérieures à toutes les autres de la région; son campanile est inspiré de l’abbaye-aux-dames de Caen. On y célèbre un mariage et les invités mâles fument négligemment sur les marches en surveillant les enfants qui jouent au milieu des palmiers et des bouquets de laurier-rose. Tous les costumes sont neufs et impeccablement coupés.

      Juste à côté l’église San Cataldo réalise le prodige d’être à la fois mosquée par son plan strictement rectangulaire, ses trois petites coupoles, ses arcs outrepassés, ses pavages de serpentine verte, et même des inscriptions en arabe, et église romane par sa pénombre fraîche et ses rares ouvertures. C’est le siège des chevaliers du Saint-Sépulcre et de l’évêché albanais de Sicile.

Si on descend Victor-Emmanuel on arrive au port de plaisance, on vient d’y créer une « marina » qui sent bon tous les trafics et manque un peu d’ombre. Plus loin on aperçoit une plate-forme de prospection pétrolière en cours de réparations, car quelque part en mer on cherche, on fore, on a de l’espoir.

A SUIVRE...

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