Le 13 mai 2026 : Vers Sélinonte.
21 juil. 2026/image%2F0654475%2F20260703%2Fob_aef02e_capture-d-ecran-2026-06-11-204510.png)
Texte : Edmond
Programme de la journée est, après passage à la pharmacie, de rejoindre Sélinonte, toujours sur la côte sud, à 90 kilomètres vers l’ouest. Mais une petite halte s’impose à la « Scala dei Turchi » présentée comme l’autre curiosité incontournable de la région d’Agrigente. C’est une falaise très blanche au-dessus d’une plage. On y va par Porto Empedocle qui est comme son nom l’indique le port d’Agrigente, utilitaire et banal au-delà de toute attente, et il faut rouler encore deux kilomètres. La route domine une mer turquoise, bordée par des villas enfouies dans l’habituelle végétation balnéaire (un mélange standard de palmiers et d’eucalyptus, avec parfois une sorte d’araucaria que les Siciliens adorent). Quelques panneaux signalent des parkings. On en choisit un dont le gardien nous affirme que ce sera gratuit si on déjeune au restaurant de la plage. On descend vers la dite plage, de sable blond, avec son restaurant et ses combinaisons de chaises longues et parasols. Le vent souffle par poussées subites. On marche sur la dune broussailleuse vers une anse que domine la fameuse falaise, en effet d’un blanc aveuglant, c’est de la marne née du plancton et sculptée par la mer (qui est presque verte) et le vent. On disait que c’était pour les Turcs (comprendre : les Barbaresques venus de la Tunisie proche) un escalier idéal pour partir à l’assaut de la terre sicilienne. Aujourd’hui des vigiles empêchent de l’escalader à cause du vent, ou pour empêcher sa dégradation.
On décide qu’on est fatigué de parcourir la SS 115, et qu’on se pose. Le restaurant est accueillant, la plage presque déserte, on voit vers Porto Empédocle des petites maisons blanches en lisière de grève, c’est ici, parait-il, l’endroit qui aurait inspiré la première enquête de Montalbano. On en discuterait à l’infini puisque Camilleri change tous les noms de lieux. Donc on déjeune sur place, au menu il y a du loup (spigola) accompagné – c’est la surprise – d’une purée froide, c’est la mode locale. Le tout arrosé d’un vin blanc sec (grillo). On se laisse vivre en regardant les quelques rares baigneurs.
Départ vers 15 heures avec un bon tamponné pour le gardien du parking. On retourne sur la nationale 115, ses aires de détritus et ses côtes un peu raides que la Lancia, handicapée par le poids d’une batterie sans doute inutile, monte mollement. Prévenus par la littérature touristique que la provinciale 79, que l’on peut prendre à Sciacca, est plus agréable que la nationale, on va perdre une heure à chercher l’endroit d’où elle part. Car à Sciacca, ville en pente comme toujours, tous les itinéraires s’enchevêtrent. Pour la traverser plus commodément les axes principaux (routes nationales et provinciales) ont été mises sur des viaducs dont les bretelles d’accès sont un secret bien gardé, que nous ne percerons jamais. Après avoir échoué dans une impasse herbeuse qui promettait mieux, il faut se résigner à retourner sur la 115. C’est à Menfi, peu avant Sélinonte, que la SP 79 se révèlera accessible. Le pays de Sélinonte est une théorie de petites collines où court un réseau de rivières périodiques, dont les embouchures sont un parc naturel protégé. La Sélinonte moderne se résume à des quartiers tranquilles de villas ou de maisons basses sans originalité, mais rassurantes. Elles ont été construites au milieu des vignes. On pourrait presque s’imaginer sur l’île d’Oléron. Marinella di Selinonte (est-ce la Marinella de Montalbano ?) en est le petit port, avec des maisons blanches, son restaurant un peu esseulé que les vagues viennent battre, et de vieux bateaux échoués sur les bancs de posidonies. La grande déferlante du tourisme estival n’est pas encore arrivée. Quant à la Sélinonte antique, on verra demain, en vitesse sans doute.
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Dans la photo suivante on remarque des personnes qui montent sur la falaise, accompagnées d'un guide car le vent est fort et c'est dangereux. Ce sont des chinois qui ont payé leur voyage et un petit graissage de pattes au passage et le tout est joué au grand dame de quelques touristes de langue française (pas moi, c'est juré, je n'avais aucune envie de grimper là-haut).
Une belle plage de sable blond et une intensité lumineuse qui faisait presque mal aux yeux.
Une belle présentation mais la purée glacée, quelle horreur. Gentiment, ils m'en ont fait une autre chaude.
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La Marinella