23 Kilomètres, 34.000 pas

 

 Ce jour-là, le temps n'était pas au beau.

Un petit crachin nous accompagnait au départ et il fallut enfiler la pèlerine, si désagréable à porter, mais indispensable.

Nous étions pour un temps devenus des tortues et suivions d'autres tortues.

La pluie fine s'est transformée parfois en grosses averses et nous courbions le dos.

Dans ces cas-là, on parle peu, on marche sans trop regarder les villages qui se succèdent,

villages pourtant assez typiques, où la gente vache domine largement, notamment sur les routes,

où elles laissent leurs souvenirs qui se mélangeant à la pluie violente forment des ruisseaux brunâtres

qui coulaient sous et sur nos pieds.

Nous sommes chaussés de nu-pieds de marche (0 ampoule, n'en déplaise aux fans des chaussures de marche).

Nous avions dédaigné les chaussettes. Tant qu'à faire d'être mouillés...

Et puis les nu-pieds sèchent vite !

9 kilomètres après le départ et suite à une montée très raide, nous nous sommes arrêtés dans une auberge bondée.

Nous étions trempés et Elias se sentait mal: hypoglycémie !

Là, nous avons retrouvé notre américaine, ce sera la dernière fois.

Mais il fallut bien repartir; pluie ou non ! Et toujours dans la bouse.

A l'entrée d'un hameau, un vieux chien était assis : mission, accueillir les pèlerins.

Lourde tâche puisque depuis O'Cebreiro,  le trafic s'était intensifié.

Mais j'en reparlerai plus tard.

La descente vers Triacastela fut difficile, à cause de la boue-bouse et des cailloutis.

En bas, la pluie était moins violente et nous avons pu assister à une scène, comme nous n'en voyons plus chez nous.

Au su et au vu de tout un chacun, au coin d'un bâtiment, on avait amené la vache au taureau

et de nombreux pèlerins s'étaient arrêtés pour regarder la scène.

Est-ce le fait d'être en public mais le taureau manquait un peu d'allant et nous sommes repartis avant la conclusion,

plus pressés de nous mettre sous une bonne douche chaude.

Le gîte était grand et nous avions une chambre à deux lits.

J'avais opté pour cette solution, un peu plus onéreuse, plutôt que des dortoirs, voulant assurer à Elias les nuits les plus réparatrices possibles.

Par contre, cet endroit pourtant peuplé manquait totalement d'âme.

Après une balade dans le village, le soleil étant revenu, et bénéficiant d'une cuisine collective, nous avons fait quelques courses,

heureux de pouvoir s'extraire des menus de restaurants qui se ressemblent tous !

Mais c'est tout seuls que nous avons dîné dans la grande salle à manger.

Il est vrai qu'il était sans doute trop tôt pour des espagnols !!!

Il fallait s'y faire, la mentalité du chemin avait changé.

 

Le départ

 

Pèlerin de pierre au col de Saint Roque, à 1270 mètres d'altitude.

Comme on lui ressemblait à ce moment !

Petite église à Hospital dont le nom indique la fonction primitive d'anciens hospitaliers du moyen-âge.

 

 

Église de Triacastela (trois châteaux dont il reste bien peu de choses)

Palomar, pigeonnier remarquable non loin d'une croix double comme d'habitude.

 

                                       

Le midi, nous avons bien mangé, en compagnie d'une belge rencontrée précédemment.

Elle vit en Italie à Rome et, comme d'habitude, nous avons un peu échangé nos vies.

Elle avait de drôles d'idées sur la médecine !!!

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