Le 11 mai 2026 : Une villa romaine
17 juil. 2026/image%2F0654475%2F20260623%2Fob_af50fe_capture-d-ecran-2026-06-11-204510.png)
Texte : Edmond
On quitte Cannecatini en direction du nord-ouest : Palazzolo Acreide à nouveau, après quoi la route, entre des murs de pierre sèche, grimpe hardiment sur les croupes molles des Monti Iblei, qui culminent à près de 1 000 mètres. Au col un arrêt technique permet d’apprécier la fraîcheur matinale d’un pays de chênes verts et d’oliviers, où coule le vin et le miel. Un patou débonnaire vient aux nouvelles.
/image%2F0654475%2F20260624%2Fob_727fa4_2026-05-27-002-ancolies-des-alpes-2.jpg)
En basculant de l’autre côté on a la vue lointaine de l’Etna, à 70 kilomètres vers le nord, avec sa coupole de neige, et on découvre le paysage de la Sicile intérieure : montagnettes et grosses collines qui se bousculent, rares mais gros villages sur les sommets ; villages qui sont harmonieux dans l’ensemble mais très ordinaires dans le détail, des éoliennes en désordre, quelques petits lacs, des étendues où alternent le vert tendre de prés de fauche et des steppes blondes, des cactus buissonnants, et de plus en plus des dépôts d’ordures sur les bas-côtés.
/image%2F0654475%2F20260624%2Fob_4c9a4d_2026-05-11-001-etna-7.jpg)
Soudain, au détour d’un virage, la vue sur Caltagirone : 608 mètres, 39 000 habitants, un déluge de maisons roses et de palais ocres le long d’une pente fameuse, gravie par un célèbre escalier. C’est aussi la capitale de la céramique, d’où viennent entre autres les têtes d’un couple de maures, héros d’une légende arabe qui préfigure Roméo et Juliette, et les grosses pommes de pins qui garantissent à chaque maisonnée longue vie et descendance plantureuse, objets qu’on voit partout ici.
Caltagirone s’est aussi spécialisée dans les crèches. Mais l’objectif de la journée est ailleurs.
Il est une vingtaine de kilomètres plus loin, sous la colline de Piazza Armerina. Au bord d’un ruisseau, le Gela (autrefois aux eaux pures, mais les temps ont changé) qui coule aux pieds de cette petite ville perchée, on édifia vers l’an 250 une grande villa romaine aristocratique, avec tout l’équipement nécessaire : thermes, chambres, salles d’apparat, chambres privées et chambres des visiteurs, logements des domestiques, etc. Probablement 5 000 m2 d’espaces de vie, dont 3 500 de sols en mosaïques. Elle fut ensevelie par une coulée de boue au XIIème siècle, et dégagée entièrement vers 1950. Paradoxalement la boue conserva les sols, et les mosaïques (réalisées par des artistes africains) sont les plus vastes que nous ait léguées l’antiquité romaine.
Donc on y vient du monde entier, et de toutes les écoles d’Italie si on en juge par la déferlante de gamins babilleurs tant bien que mal endigués par leurs professeurs. Tout le circuit de visite baigne dans le bruit et la chaleur car aujourd’hui l’été a décidé de se montrer. À ce stade, place aux images.
/image%2F0654475%2F20260624%2Fob_21349d_2026-05-11-003-villa-romana-del-casale.jpg)
/image%2F0654475%2F20260624%2Fob_18be64_2026-05-11-003-villa-romana-del-casale.jpg)
Les toilettes...
/image%2F0654475%2F20260624%2Fob_650fa8_2026-05-11-003-villa-romana-del-casale.jpg)
Salle des thermes
Entrée privée au SPA
Riches accessoires sur cette jeune-fille
Banquet en plein air et scènes de chasse
Scènes de pêche et peintures murales
Faire monter des animaux sauvages dans un bateau
Un félin presque rendu inoffensif quand il voit son image dans un miroir.
Dames pratiquant des sports
Quelques mosaïques enfantines
L'amour
Piazza Armerina, ville qui semble plus cossue que d’autres, est dotée à son entrée sud d’un majestueux supermarché Deco aux allures de cathédrale de la consommation. On recommande. On signalera également de nombreuses pharmacies prospères. Notre hébergement est une ancienne demeure patricienne hors la ville transformée en hôtel de charme, au centre de son domaine agricole. Il y a des grandes hauteurs sous plafond, des meubles ventrus, des portraits de famille, un personnel peu nombreux mais stylé, des chats trop familiers qui vous volent au petit-déjeuner (pris dans le jardin), de la vigne et des prés, des allées rustiques, on entend l’âne qui braie et la brebis qui bêle, c’est du Virgile. Il n’y a pas de Wifi efficace, mais on peut sur réservation se faire servir un dîner excellent dans la grande salle à manger-véranda. Cela s’appelle « Villa Trigona ». On recommande aussi.
/image%2F0654475%2F20260624%2Fob_0a6ac0_2026-05-11-004-hotel-1.jpg)
/image%2F0654475%2F20260624%2Fob_640b09_2026-05-11-004-hotel-3.jpg)
Et on peut toujours rêver sur cette photo de la ville, prise en septembre 2025, en direction de l’Etna, alors en éruption :
/image%2F0654475%2F20260624%2Fob_690d53_capture-d-ecran-2026-06-24-144347.png)