Edmond m'a conduite au bout du village, m'épargnant sans doute un bon kilomètre (à savoir que le kilométrage indiqué dans les guides est sans doute calculé de la sortie des villes jusqu'à l'entrée de la ville suivante).

Je n'était pas en super forme, mes intestins faisaient toujours des siennes, ce qui n'était pas bien grave et n'entamait pas mon courage. ça y est, maintenant, j'allais naviguer complètement seule, Edmond retournait à Séville pour prendre l'avion le lendemain, jeudi.

Et c'est toujours à ce moment qu'on se demande ce qu'on est venue faire dans cette galère... Avec un petit sentiment d'abandon! Mais après tout, je l'ai voulu...

C'était une journée assez agréable dans de beaux paysages, j'ai quitté l'Andalousie pour entrer en Extrémadure.

En été tout est sec, je trouvais ça impressionnant.

Bon, ben là, pas le choix, il fallait passer. J'ai enlevé donc mes grosses chaussures et mis mes nu-pieds. J'aurais pu passer les pieds nus mais je craignais de glisser et de m'étaler dans l'eau.

Ce sont les ruines du Castillo de las Torres qui se trouve dans les territoires connus sous le nom de Baldio de Calilla. Construite au bas moyen-âge, son origine et sa fonction restent inconnues. Proche du ruisseau la Vibora et du chemin qui relie Monesterio à El Real, il est tout près de la frontière avec l'Andalousie. On pourrait penser qu'il avait pour rôle le contrôle de la Via de la Plata dont il est si proche.

Beaucoup de murs en pierres sèches. Décidément, ça me faisait penser au Lot.

 

J'adore ces paysages reposants : montagnes, prairies, fleurs...

Je vous avais dit qu'on verrait des cochons. Cette truie n'était suitée que de 3 ou 4 cochonnets.

 

Environ 400 mètres de dénivelé cumulés, pour un deuxième jour, ce n'était déjà pas mal. 

Et puis, ce fut le bitume, la route, entre nationale et autoroute, nettement moins agréable, d'autant que j'avais mal dans la fesse gauche mais bon, ça allait, je pouvais marcher. De temps en temps je m'arrêtais juste pour étirer le fessier et ça repartait. Quelques temps avant d'arriver, j'ai eu faim. Le seul endroit possible était une station service de sortie d'autoroute et, comme je ne savais pas dire sandwich en espagnol (depuis, j'ai appris, c'est bocadillo), je l'ai dit dans la langue de Shakespeare et on ma amené un toast avec du jambon ibérique (sûrement pas du "bellota") et une sauce tomate à part... Pourquoi pas?

Dans cette station, j'ai fait la connaissance d'un autre pèlerin mais malheureusement je ne me rappelle plus de son nom et pourtant, je l'ai assez souvent recroisé... Qu'il me pardonne!

Devant moi, sur la route, c'étaiit sans doute Robert, homme seul et qui aimait la solitude et qui mangeait on ne sait où.

Enfin, après une redescente, Monesterio, village blanc comme tous les villages de cette région. On remarquera aussi que presque toutes les fenêtres ont des barreaux, du moins en bas.

Monesterio est réputé pour son jambon ibérique et les boutiques abondent. une fête lui est consacrée en septembre. De ces boutiques, j'en verrai partout dans la région, jusqu'à Salamanque.

 

Église saint Pierre qui date du 18ème siècle mais reconstruite dans la décennie qui a suivi 1940. 

Les cigognes étaient toutes là et couvaient. Les parents se relaient. Leurs claquements de bec attirent l'attention. Ce claquement sert de communication pour resserrer les liens sociaux, pour la défense du territoire et comme je l'ai souvent constaté, quand elle revient au nid avec la satisfaction des retrouvailles.

Et comme d'habitude j'ai lavé mon petit linge... Qui ne sècherait pas car l'hôtel n'était pas chauffé et il y faisait bien frais.

Monesterio est presque à 800 mètres d'altitude, comme vous pouvez voir, on n'a pas ménagé sa peine!!!

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