Pourquoi suis-je partie de Zamora alors que je m'étais arrêtée à Salamanque en 2025? Un bon pèlerin qui fait la route en tronçon doit repartir de là où il s'est arrêté. Donc pour deux raisons. La première est le nombre de kilomètres trop important que j'aurais dû faire (70 km de moins, ça m'arrangeait bien) et puis le tronçon manquant n'est pas folichon et ce que je verrais dans les premiers kilomètres ressemblerait sans doute à ce que j'aurais vu.

Quitter une ville est toujours un peu pénible et souvent peu intéressant mais pas le choix, il faut avancer. Par contre j'avais pu prendre un bon petit déjeuner car un bar ouvrait à 6 heures du matin.

Je suis partie toujours un peu inquiète et mes intestins me le faisaient savoir avec son cocktail de petits maux annexes et me le feront savoir tout le long de mon pèlerinage donc, maintenant que vous le savez, je ne le répèterai pas. Et oui, on paye son stress. De plus, j'aurais aimé faire moins de kilomètres les premiers jours mais on verra que ce ne fut pas possible.

Ce pourrait être un très beau chemin parmi des champs de céréales qui, en cette saison ont encore leurs chaumes dorés, tout ça sous la menace d'un orage et de gros nuages noirs si photogéniques. Mais voilà, comme dans beaucoup de lieux en Espagne il y a des tonnes de panneaux photovoltaïques et d'éoliennes accompagnés de fils qui parcourent la Meseta. C'est un grand dommage visuel mais je rappelle que l'Espagne a très peu de nucléaire et beaucoup de centrales à gaz et compte sur ce qu'on appelle le "vert" pour changer la donne (ce qui apparemment n'est pas du tout évident semble-t-il).

Peu de fleurs en cette saison alors celles-ci, sèches, feront l'affaire.

Des routes droites, toutes droites, routes qui longent la nationale, la N630 mais c'est un peu plus loin et elle n'est pas trop gênante.

Par contre je me suis crue en certains endroits de Sicile pendant quelques minutes avec toutes ces ordures. Heureusement ce ne fut que sur quelques centaines de mètres (eh oui, je suis bien décidée parfois à tout montrer, un voyage édulcoré n'est pas intéressant c'est mentir de le faire croire).

Un peu plus loin, j'ai grignoté ces petites fleurs jaunes que j'avais découvertes quand j'habitais dans le Midi et au délicieux goût d'anis.

 

Puis on traverse un petit village qui, comme tous les villages espagnols de ces régions ne sont guère animés. Roales del Pan où cependant certains ne manquent pas d'humour.

Un beau bâton de pèlerin, juste pour le décor.

On remarquera aussi la terre rougeâtre du chemin.

De longs chemins où on peut imaginer la chaleur en plein été. Heureusement, j'ai pu bénéficier d'un temps chaud, certes mais supportable.

J'aurais dû retourner la chaussure pour qu'elle aille dans le bon sens.

J'ai beaucoup aimé toutes ces teintes qui vont du mordoré au brun, typiques de cette saison, même si je suis arrivée bien fatiguée, trop de kilomètres d'un coup.

Le ciel s'est déversé en soirée et il m'a fallu faire mes courses pour le dîner sous la pluie, enfin... sous mon parapluie. A midi, ou plutôt à 14h30, j'ai mangé dans le seul restaurant du village, tenu par la fille de ma propriétaire. Ce n'était pas génial et les frites étaient froides, Berk!!!, pas bien bon. Que dire du gîte. Il paraissait super, chambre seule, d'autres chambres étaient aussi occupées, télé, cuisine joliment équipée et sanitaires corrects sans plus. Mais... La télécommande de la télé ne marchait pas, seul un feu de la cuisinière fonctionnait et dans la nuit, quand je me suis levée pour aller aux sanitaires, je ne savais pas où poser les pieds, la cuisine était envahie de petites bêtes qu'on appelle cafards!!! Heureusement il n'y en avait pas dans ma chambre hormis un ou deux que je me suis empressée de faire passer de vie à trépas.

Mon dîner fut constitué de riz (il m'a fallu acheter un paquet entier que j'ai laissé au gîte car le riz c'est lourd), banane et yaourt.

Suite au prochain numéro...

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