J'ai compris, je me lève assez tôt pour profiter de la fraîcheur matinale.

La meseta se trouve à une altitude oscillant entre 700 et 900 mètres, ce qui garantit des nuits assez fraîches,

mais à partir de 10 heures, c'est le cagnard : si peu d'arbres qu'il est conseillé sur certains guides d'emporter une photo d'un arbre

pour se réconforter et ne pas oublier ce que c'est !

Ce jour-là, j'arriverai à 13 heures toute transpirante.

Rencontre avec une famille française qui ne marchera qu'une semaine. Pour moi c'est trop peu,

on n'a pas le temps de se mettre dans l'ambiance, de ce chemin qui est tout de même particulier.

La première impression de cette meseta est l'immensité, souvent plate ou légèrement vallonnée,

regard interrompu par d'innombrables éoliennes.

Je ne polémiquerai pas sur cette façon de produire de l'énergie mais une telle abondance nuit au paysage !

L'Espagne ne fait pas dans la modération et les grands propriétaires terriens qui possèdent ces terres (et n'habitent pas sur place)

s'en mettent plein les poches au passage.

Sur les photos, hormis quand je veux montrer ça, j'essaye toujours de les éviter.

Nous traversons une petite vallée où chantent quelques cigales, avant d'arriver à l'église de San Anton.

Ruines étranges. Le monastère a été  construit au 12 ème siècle pour y accueillir les pèlerins de l'ordre de St Antoine.

Les murs encore debout datent du 14 et 15 ème siècle.

On racontait alors que les monastères de cet ordre faisaient des miracles, permettant aux pèlerins de guérir du feu de St Antoine

(ergotisme, maladie mortelle provoquée par l'ergot du seigle utilisé pour faire le pain, surtout en Europe du nord).

En fait, on a découvert que les guérisons étaient dûes à l'alimentation locale de la péninsule ibérique, exempte de cet ergot.

Le pain de blé local, le TAU en forme de T est très lié à St Anton.

C'est ainsi que le TAU est devenue la croix des pèlerins et qu'il reste l'un des symboles mystiques de ce chemin.

En s'approchant des ruines, une douce musique se fait entendre.

Est-ce un nouveau miracle ? Un don du ciel ?

Et non, juste à côté, Angel (prénom qui s'accorde bien avec le lieu)

a créé un espace de repos providentiel où on peut se restaurer  et discuter à loisir. Plaisir du chemin qui n'est pas à dédaigner.

3 km et demi plus loin, apparaît le château en ruines en haut de sa colline: c'est Castrojeriz.

 

 

 

 

Mort à cet endroit d'une femme pèlerin.

 

Vallée du rio Garbanzuelo

Eglise San Anton et tympan malheureusement fort dégradé.

 

 

Castrojeriz et église Santa Maria. Fatiguée, je ne l'ai pas visitée, ce qui est sûrement dommage.

 

Retour à l'accueil